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La disparition de l'écrivain et philosophe belge Raoul Vaneigem, figure du mouvement situationniste, survenue le 29 juillet 2026 à l’âge de quatre-vingt-douze ans, marque la fin d’une génération intellectuelle qui avait fait de la critique radicale de la société capitaliste le cœur de son engagement.

 

Dernier grand représentant de l’Internationale situationniste, il demeurait, avec Guy Debord, l’une des figures majeures d’un courant révolutionnaire marxiste qui entendait non seulement transformer les institutions politiques et les rapports économiques, mais révolutionner l’existence elle-même.  Ce mouvement rassemble des artistes, des écrivains et des théoriciens convaincus que le capitalisme ne domine plus seulement l’économie, mais colonise désormais l’ensemble de l’existence humaine. La société moderne ne produit pas uniquement des marchandises : elle fabrique aussi des comportements, des désirs artificiels, des modes de vie standardisés et des représentations qui éloignent les individus de leur propre expérience vécue.

 

Vaneigem déplaçait la critique du capitalisme vers la vie quotidienne, les désirs, les comportements et les formes d’aliénation produites par la société marchande.  

Mais, abolir la propriété privée ou nationaliser les entreprises ne suffit pas à émanciper les individus si ceux-ci continuent de vivre sous le règne de l’ennui, de la hiérarchie, de la passivité et de la bureaucratie.

La révolution doit donc dépasser la simple conquête du pouvoir.  Elle doit transformer la vie quotidienne, abolir la séparation entre le travail et l’existence, entre l’art et la vie, entre le temps productif et le temps libre. Le véritable enjeu n’est pas seulement de changer les institutions, mais de permettre aux individus de reprendre possession de leur propre existence.

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