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Un développement historique

Dans de vastes zones de la planète, le capitalisme n'a étendu sa domination qu'au cours du XIXème siècle dernier.  Cette situation a été précédée par la phase de découvertes de l’autre monde, où le rapport marchand a pu exploiter les richesses du nouveau monde.  Pourtant, le capital a plus révolutionné le monde que toutes les formes sociales qui l'ont précédé.  S’agit-il pour autant d’un progrès ? 

Avec le développement du capitalisme,  sous la pression de la concurrence, les producteurs tentent de produire toujours moins cher, recourent donc à des techniques de plus en plus modernes et produisent donc à une valeur inférieure à la valeur moyenne du marché.  De plus en plus de produits sont fabriqués, la productivité augmente sans cesse, et leur valeur d’échange est moindre.  Ceci entraîne un autre phénomène extrêmement important : c’est la nécessité de détruire de façon massive de la valeur.  En effet, le rapport marchand rime avec pénurie : selon la loi de l’offre et de la demande, plus un produit est rare, plus il est cher et donc, plus il est susceptible d’apporter un bénéfice conséquent à son producteur. 

Ainsi, le MPC de la modernité ne tombe pas comme un éclair dans un ciel bleu. 

Historiquement, le rapport marchand résulte d'un long combat pour rendre possible la liberté de pouvoir vendre et acheter. Le combat de la bourgeoisie naissante se limite à la défense de la liberté marchande.  Il s’agit là d’un Discours Sociétal qui diffuse l’idéologie ambiante.

 

Des technologies nouvelles vont influer sur le fonctionnement de l’économie et modifier la stratégie capitaliste. 

Voici ce que le texte développe. Au début du développement du capitalisme, une révolution s’opère au XVème siècle avec l’invention de l’imprimerie.  On passe ainsi de l’Artisanat, à la Mercantilisation,  à la Taylorisation, à la Fordisation à la fin de XIXème siècle, au keynésianisme, Travail à la chaîne, pour en arriver à l’introduction du numérique, à la fin du XXème siècle. 

 

Au début du développement du capitalisme, une révolution s’opère au XVème siècle avec l’invention de l’imprimerie.  On passe ainsi de l’Artisanat, à la Mercantilisation,  à la Taylorisation, à la Fordisation à la fin de XIXème siècle, au keynésianisme, Travail à la chaîne, pour en arriver à l’introduction du numérique, à la fin du XXème siècle. 

 

Tout cela a des conséquences sur l’acte de production.  Le lien initial devient chaîne.  Le lien devient obligation de rentabilisation, de compétitivité, de l’efficacité, de productivité, d’accumulation, de thésaurisation.   L’ouvrier se trouve confronté à la réification.  Cette transformation implique pour Marx la déshumanisation, la réification en tant qu’objet de production, permettant la création de survaleurs et de profits. 

Le texte survole ainsi l’évolution des changements économiques provoqués par le Capital, ainsi que les discours tenus pour justifier ces changements.

 

 

 

 

Changements et technologies nouvelles à l’aube de la modernité

  1. À la renaissance,

Avec les transformations économiques liées au développement du capitalisme, avec la découverte du nouveau monde, avec l’’accumulation de capitaux due au commerce mondial durant les XVIème et XVIIème siècles, la révolution agricole du XVIIIème siècle, les innovations techniques permettent d’enclencher un processus qui allait toucher rapidement l’Europe du Nord et les USA au cours du XIXème siècle. 

De 1770 à 1840, des inventeurs mettent au point des machines et procédés techniques qui font progresser la rentabilité de la production textile de manière exponentielle.  L’industrialisation se développe.  Les manufactures grossissent, employant un nombre de plus en plus considérable d’ouvriers, et leur localisation est désormais guidée par les sources d’approvisionnement en charbon ou par la proximité de main-d’œuvre. 

 

Avec l’expansion de l’imprimerie permettant la circulation de livres, la remise en cause de certaines interprétations, suite à Descartes qui affirme « Je pense, donc je suis » qui ouvre la porte à la raison : l’homme est un homme « raisonnable », le développement de l’idéologie libérale peut se faire au nom du « progrès ».

 

  1. Le XIXème siècle :

Au début du XIXème siècle, avec la mise au point de la machine à vapeur, le monde occidental connaît le plus grand boom technologique de l’histoire économique, celui du chemin de fer.  Véritable ferment de la révolution industrielle, le chemin de fer transforme, à son tour, les rapports géographiques entre les hommes, permettant d’accélérer les échanges.  Les hommes acquièrent une nouvelle mobilité, faisant reculer à nouveau les frontières.  Ce qui a permis à la Grande Bretagne, soutenue par une puissance coloniale et impérialiste considérable, d’imposer une unification financière au travers de la livre sterling.  La diffusion des produits industriels et manufacturés va se faire, tout au long du XIXème siècle, grâce à une amélioration constante des réseaux de transport, agrémenté par le développement du téléphone, de télégraphe.

 

Le taylorisme se développe. 

L’ouvrier impulse le rythme de la machine.  Le machinisme et la mécanisation se développent. 

L’ouvrier est considéré comme citoyen, patriote et est baigné dans l’idéologie positiviste, avant que l’Association Internationale des Travailleurs ne fasse entendre une voix différente.

Mais ce « progrès » s’exerce grâce à une exploitation des travailleurs, ce qui exacerbe la tension qui résulte de la contradiction entre l’homme et son statut de travailleur exploité.  La résistance ouvrière s’organise.

 

Après la Commune, le Fordisme prend son essor : la machine impulse le rythme ouvrier.  C’est le temps des usines : l’Industrialisation et la Motorisation.  L’ouvrier est considéré comme Citoyen patriote travailleur démocrate.  La bourgeoisie réglemente le travail des enfants et des femmes pour garantir la reproduction de la force de travail.  Elle développe les écoles primaires.

Exemple : L’Allemagne rattrape son retard économique dans la seconde moitié du XIXème siècle, grâce à l’unification politique de 1871 et à une politique d’industrialisation volontariste.  L’Etat allemand impulse le développement industriel en orientant la construction des chemins de fer dont il impose une gestion centralisée.  Mais son rôle le plus spectaculaire se situe dans l’éducation, où il met en place un système complet de formations techniques, et dans le domaine social, avec les lois sociales de protection des années 1880. 

L’homme est considéré comme individu producteur.

La crise de 1870 a mis fin au commerce libre. L’augmentation de l’échelle de la production et la diminution du coût des transports a fortement diminué la protection naturelle dont jouissaient auparavant les marchés locaux. La tentation d’accuser les importations étrangères de la saturation des marchés était irrésistible.

Des barrières tarifaires sont érigées, au-delà desquelles, comme le dit Engels, « se préparait une guerre pour la suprématie industrielle ». Certaines des mesures protectionnistes étaient clairement contre-productives : la classe capitaliste se tira elle-même une balle dans le pied avec plusieurs guerres tarifaires. D’autres, cependant, permirent à des pays comme l’Allemagne et les Etats-Unis de développer les industries les plus fortes du monde. Leur accumulation était facilitée par l’afflux de capital étranger et nourri par le métabolisme entre les conditions de la domination formelle (faible composition organique, faible productivité mais un taux de profit élevé) et les industries géantes qui émergeaient, qui ramassaient les sur profits grâce à leur avantage compétitif sur leurs marges marchés internes.

  1. Temps des usines.  Fordisme.  L’ère des Ingénieurs : 20ème siècle

La première partie du 20ème siècle fut une période d’accélération formidable de la concentration du capital. D’innombrables petites compagnies tombent en faillite, furent reprises ou fusionnèrent. Ce fut le moment de la naissance de compagnies géantes (Ford, General Motor, General Electric, BASF, Siemens, Daimler-Benz, etc) qui dominent encore aujourd’hui.  Jusqu’à ce point, le marché domestique suffisait pour la plupart des capitaux, mais à présent les forces industrielles les ont dépassé. Malgré cet accroissement du commerce international, la surproduction se développa et le taux de profit chuta. Pour défendre les industries les plus développées, des cartels furent formés et d’autres mesures furent prises pour retreindre la production et empêcher les prix de tomber. Mais de manière inévitable le capitalisme s’achemina vers le point où le manque de demande productive et la chute du taux de profit le contraindraient à une dévalorisation massive. Avant que ce point ne fut atteint, la guerre éclata.

L’entre-deux guerres

Le bouleversement profond sur toile de fond de crise économique fait que la confiance dans le progrès individuel est fortement ébranlée. De plus, il faut justifier l'intervention croissante de l'Etat, et donc refuser l'individualisme économique au profit de la démarche étatique du « New Deal », du « Front Populaire », du « Plan De Man »,...De l'échec du libéralisme va naître aussi le besoin d'une action collective et d'une certaine idéologie de « fraternité » : Société des Nations, fraternités « ouvrières » sous l'égide du PS, du PC, auberges de jeunesse, Amis de la Nature, alors même que la révolution communiste est tenue en échec.

 

Populisme : Cette démarche générale va faire émerger les bases d'une idéologie technocratique développant la conception de la direction et de la gestion purement bureaucratique de la société.  La bourgeoisie développe une idéologie se basant sur la sécurisation du fonctionnement de l'Etat, constatant ainsi que la classe ouvrière se trouve dans l'impossibilité historique d'apparaître comme acteur autonome : tous les outils de la réforme social-démocrate vont se vider de contenu prolétarien et s'intégrer à la logique bourgeoise de rentabilité. Sont mis en avant des thèmes idéologiques génériques, a-classistes, globalisants. Cette tendance ira en s'amplifiant. 

A cette époque, on assiste à l'émergence de mouvements de masses sans précédents mythifiant l'Etat souverain : cérémonies, manifestations.... Les idéologies sont à leur tour récupérées par l'Etat.  La place est donc ouverte au développement du fascisme, du stalinisme, prônant une forme ou l'autre d'autoritarisme populiste.  Ces diverses conceptions reprennent l'idée d'un parti d'élite, d'avant-garde au service du peuple, s'incarnant dans l'Etat national.  L'Etat devient le principal véhicule de l'idéologie bourgeoise au travers du contrôle grandissant des divers appareils : Presse, Eglise, Ecole, Syndicats,...

 

La deuxième guerre mondiale 

La deuxième guerre mondiale manifeste l'apogée de cette démarche idéologique avec la mobilisation antifasciste sous le couvert de l'Etat national et démocratique. Suite à la mise en évidence des atrocités de ce que fut la deuxième guerre mondiale, une réaction est apparue, essentiellement individualiste, s'exprimant au travers du concept de défense des droits de l'homme. On peut interpréter la « Déclaration de Philadelphie » de cette manière.

 

  1. L’après-guerre

L'immédiat après-guerre est caractérisé, malgré le Plan Marshall,  par une certaine pénurie matérielle en Europe. La mode est encore à l'engagement, à la défense du Parti.  Existentialisme, personnalisme, idéologies affirment la liberté de l'homme tout en se soumettant à la discipline d'appareils politiques qui incarnent encore momentanément la vérité, tentent de rassembler les intellectuels. Ce paradoxe arrive à son exacerbation avec la Hongrie 56 et l'apparition de mouvements anticoloniaux.  Après la guerre, l’Etat a pris une place encore plus importante, et a assumé la reconstruction économique.

Peut-on parler de « golden sixties » sans caricaturer l'évolution économique de la période d'après-guerre ?  Les décennies 50 et 60 sont marquées par une attente du « statut social » obtenu par l'acquisition de biens d'équipements, sur base d'une forte cohésion familiale. Cette période apporte, de manière générale, une « certaine abondance », avec un doublement du pouvoir d'achat des travailleurs de 1950 à 1968.

Plusieurs facteurs se sont joints après la deuxième guerre mondiale pour jeter les fondations de la plus longue période de croissance ininterrompue jamais connue par le capital développé. Comme la dépression et la guerre ont provoqué une dévalorisation massive, créant de l’espace et stimulant la consommation productive.  La classe capitaliste a également appris des erreurs du passé.  Le plus grand créditeur, les Etats-Unis, au lieu d’insister sur le payement intégral des dettes de guerre comme il l’avait fait après la première guerre mondiale, envoya à présent une aide massive pour aider le capital européen à se remettre d’aplomb.  Il organisa également un cadre global pour l’extension du champ d’opération du capital.  Ceci impliquait, entre autres choses, la création d’une vaste zone de commerce libre dans laquelle le dollar américain servait de monnaie internationale, ce qui fournit davantage de stabilité et était moins restrictif pour la croissance que le standard or, la création d’organes internationaux dominés par les Etats-Unis pour coordonner les politiques économiques et contenir les ruptures, et la décolonisation.  Les Etats-Unis ont pratiqué un concept d’impérialisme différent de celui du passé et plus en phase avec la domination réelle : la clé pour la dominance n’était pas tellement le contrôle territorial, mais le contrôle sur les flux de capitaux.

Plusieurs obstacles à la mobilité du capital étant levés et les moyens technologiques pour l’extension se développant rapidement lorsque les avancées militaires ont trouvé des applications civiles après la guerre, la croissance se développa à un rythme jamais connu auparavant.  De plus, le développement du capitalisme d’Etat durant la période de guerre a libéré la classe capitaliste de ses peurs d’utiliser les moyens étatiques monétaires et fiscaux pour empêcher les effondrements cycliques. 

De 1950 à 1973, la zone OCDE a connu une croissance annuelle étonnante de 4,5%.  Mais la croissance du capitalisme d’Etat, avec ses vastes frais improductifs (qui résultent du fonctionnement de l’Etat, des frais publicitaires, y inclus le coût de la guerre froide, a augmenté fortement lorsque la croissance de la consommation productive a commencé à décliner à la fin des années ’60.

La surcapacité et le déclin du taux de profit lié à la surproduction et à la crise économique ont refait surface et la forte résistance de la classe ouvrière (en Belgique en 1960-61) contre l’austérité a limité les tactiques qui pouvaient être utilisées pour augmenter le taux de profit en réduisant les coûts improductifs et le coût du capital variable.

La croissance devait se poursuivre pour pouvoir contenir des explosions sociales. C’est pourquoi la classe capitaliste a augmenté sa dépendance par rapport aux leviers monétaires et fiscaux : à l’aide de taxes élevées, l’Etat a dirigé la plus-value pour stimuler la croissance et la restructuration de l’industrie ; en imprimant davantage de monnaie, il a encouragé le déficit (alors que l’inflation qui en résulte revient à une attaque indirecte des salaires).  Le capitalisme s’est développé en fonction de sa crise structurelle et a entrainé des transformations socio-économiques profondes, depuis 1968.

  1. 1968 

Depuis des années des changements importants se sont produits dans la société capitaliste.  La croissance se poursuit, mais une transformation s’opère : la « croissance » implique désormais la destruction pour pouvoir se maintenir. La destruction, comme les deux guerres mondiales l’ont montrée, est inhérente au capitalisme, pas seulement dans la violence déclarée, civile ou militaire.  Partout la bourgeoisie organise l’obsolescence des objets, c’est-à-dire que la durée de vie des objets, des produits industriels, est abrégée volontairement : le prêt-à-jeter se généralise, l’industrie du gadget se développe.... L’armement entre dans la production pour la croissance. La cybernétisation fait son chemin.  Le processus de mondialisation se poursuit et affecte le monde des travailleurs : délocalisation de nombreuses entreprises.  Ceci implique un accroissement du chômage.

En Europe on est passé d’une production industrielle internationalisée à une production industrielle robotisée et informatisée, et cela de manière mondiale (en dépassant les frontières).  Ce processus a commencé après 68, et a entraîné un changement dans la chaine de production.  En Europe, la cybernétique accrue, conjointement aux délocalisations de la production industrielle, en réponse à la mondialisation, a développé la cybernétisation de l’industrie.  Celle-ci nécessite une adaptation-transformation du travailleur, qui doit être capable d’autonomie, d’initiatives, de flexibilité.  Mais en mai, les travailleurs réagissent par des grèves spontanées, non encadrées par les syndicats.

  1. Post 68

Le capitalisme s’est développé en fonction de sa crise structurelle et a entrainé des transformations socio-économiques profondes, depuis 1968.  En Europe on est passé d’une production industrielle internationalisée à une production industrielle robotisée et informatisée, et cela de manière mondiale (en dépassant les frontières).  Ce processus a commencé après 68, et a entraîné un changement dans la chaine de production.  En Europe, la cybernétique accrue, conjointement aux délocalisations de la production industrielle, en réponse à la mondialisation, a développé la cybernétisation de l’industrie.  Celle-ci nécessite une adaptation-transformation du travailleur, qui doit être capable d’autonomie, d’initiatives, de flexibilité.  Par rapport à cette situation, la bourgeoisie développe un Discours individualiste, véhiculé par les médias, qui récupère les slogans de Mai 68 : discours libéral qui prône « que tout est possible, que tout est permis, sue l’on peut jouir sans entraves » tout cela au travers des slogans publicitaires.  C’est ce que je désigne sous le vocable « postmodernité » : discours qui cache la réalité de l’exploitation et ses nouvelles formes de réification du travailleur.

Cette situation, à savoir le processus de mondialisation, provoque la fermeture de nombreuses entreprises, à cause des délocalisations, justifié par un Discours proclamant les bienfaits des technologies nouvelles : le progressisme tout azimut qui bénéficierait à l’épanouissement personnel. 

Discours idéologique : Par rapport à cette situation, la bourgeoisie développe un Discours individualiste, véhiculé par les médias, qui récupère les slogans de Mai 68 : discours égo démocratiste qui prône « que tout est possible, que tout est permis, que l’on peut jouir sans entraves » tout cela au travers des slogans publicitaires. 

Singularité

Mais ce mouvement s'accompagne de l'appel à l'initiative individuelle comme moteur de vie autonome.  La règle sociale ne vise plus à produire une solidarité communautaire, mais à propager une idéologie de l'autonomie institutionnalisant l'individualisation des devenirs, une réalisation totale de soi : nous sommes en présence du consommateur - citoyen.

Ce qui est posé, c'est la question de la propriété de soi.  Le droit de choisir sa vie et de disposer de son corps est désormais un enjeu politique permanent. 

C'est la libération à l'égard des "interdits".  L'émancipation revêt un sens extensif et est récupérée par le spectacle d'une dynamique de démocratisation du banal, de la quotidienneté. Ce qui est montré ainsi, c'est l'enjeu par rapport à une image idéalisée d'une singularitécapable de se réaliser et les difficultés d'être dans la société actuelle.  Il s'agit de l'expression d'une nouvelle identité à atteindre.

On en arrive ainsi à une socialisation des difficultés psychologiques en légitimant l'attention de chacun à l'égard de ses problèmes intimes, en mettant des qualificatifs communs sur ce que chacun ressent de façon indistincte en lui-même.  L'intimité est ainsi absorbée par la vie sociale, avant d'être clairement absorbée comme valorisation d'un nouveau capital.

 

 

Les utopies communautaires qui prônaient le changement du mode de vie pour transformer la société.  Cela s’accompagnait de la sexualité libérée, après la lecture de Willem Reich.  Une révolution est condamnée à l’échec si elle n’a pas posé au préalable les fondations du monde auquel elle aspire. C’est donc ici et maintenant qu’il faut reconstruire des structures de vie collective où chacun considère autrui comme son égal. Elles seront autant d’îlots de socialisme voués à s’agrandir et à se fédérer, pour aboutir enfin à la communauté des communautésIl s’agit d’un mouvement immédiatiste, qui prétend éviter la crise en changeant le mode de vie.  Origine : le mouvement hippie, les provos, l’underground, les punks, le rap.  Ce mouvement prône l’aménagement de la vie quotidienne.  Cela débouche sur l’écologie, sur l’égo démocratisme, qui défend de manière péremptoire la liberté individuelle au détriment du collectif.

Se développe aussi la culture pop, phénomène qui va peser sur les consciences des « jeunes générations » proposant un mode vie adapté aux circonstances : vivre vite, multiplier les expériences, refuser l'engagement et le changement.  Le Discours sociétal se veut possibiliste.  Dans cette nouvelle phase, la validité du contrat social n’est plus garantie par l’État national.  Elle a été dispersée entre représentations régionales d’une part et internationales d’autre part. 

Une mutation métaphysique s’opère. Nous sommes passés de « l’amor Dei » amour de Dieu à l’amour de soi « Amor sui ».  Nous sommes passés d’une société hétéronome à une société autonome.  Il s’agit là de l’individualisme du « laisser faire, laisser aller » propre au libéralisme.  Les thèses de Mandeville prennent de plus en plus de consistances.

 

C’est ce que je désigne sous le vocable « postmodernité » : discours qui cache la réalité de l’exploitation et ses nouvelles formes de réification du travailleur.  Les Discours idéologiques qui prônent la « liberté », la permissivité se chevauchent au nom du « citoyennisme », du tout est possible de la postmodernité.   Le K poursuit son chemin, et ajuste l’Etat : de normatif, l’Etat devient plus permissif ; moins centralisé.  L’idéologie populiste se diffuse ainsi.  Elle s’adapte au malaise lié au développement de la crise.

 

 

Cela entraine comme réaction au sein de la classe ouvrière, dans les années 70-80, de nombreuses luttes de résistances aux fermetures se déroulent, de manière spontanée. 

Celles-ci sont théorisées par le CCI, à l’époque comme une nouvelle vague.  Cela illustre Le pragmatisme social qui croit que la crise va faire bouger et amener les changements.  Certains théorisent que l’on peut accélérer la crise, et poussent à l’interventionnisme, au travers d’un activisme missionnaire ouvriériste.  La prise de conscience est ainsi tributaire d’un apostolat extérieur à la classe et se réfère au léninisme.  Le socialisme en est réduit, à un programmatisme coupé de la réalité sociale présentant les diversifications organisationnelles.  Une telle situation renforce le sectarisme compris comme une affirmation désespérée d’une « vérité » non démontrée.  Cela s’inscrit parfaitement dans le climat postmoderne d’un scientisme remettant en cause la démarche rationnelle du matérialisme historique.  Ce mouvement dénature la théorisation marxiste de la crise du K.

Changements au sein du prolétariat

Pour les travailleurs, par contre, ce qui apparaît essentiellement, c'est le souci de défendre l'emploi, et l'entreprise dans un contexte de relocalisation où les certitudes sociales et économiques du passé sont balayées.  Cela peut entraîner démoralisation et peur d’un « lendemain qui ne chante plus ».  Pourtant des réactions se développent provoquées par de nouvelles couches de travailleurs, et de nombreux travailleurs exclus du processus de production.  Elles percutent la « logique » capitaliste et laissent entrevoir d’autres perspectives. 

 

Mais la crise se poursuit, et s’intensifie au début du siècle nouveau.  Elle est ponctuée par la peur – sida, attentats, pertes d’emplois, insécurité grandissante,… 

La restructuration numérique entraîne aussi une sélection plus grande encore.  De plus, il n'est malheureusement pas fait pour confronter les idées, sa logique est celle de l'affirmation de soi et de l'illustration. Chacun vit dans une réalité parallèle, ce qui ne favorise ni la confrontation ni la diversité, ni un débat.  Cela empêche de créer du commun : la capacité à se mettre à la place d'autrui, à envisager un point de vue distinct.  On est ainsi en présence d’un séparatisme numérique.  On assiste à la transformation de la classe ouvrière liée à la production industrielle, au profit d’une recomposition d’une classe de travailleurs liée à la consommation numérique (intégration de nouvelles couches sociales) : tout cela attise l’insécurité, la peur d’un avenir incertain pour les jeunes générations.  Celles-ci se sont soldées par des échecs et un recul de la combativité ouvrière dans les années 90.  Chose que nous avions mis en évidence dans la revue « Perspective Internationaliste ».

Retour du populisme : Face au développement de la crise de la fin du siècle passé, l’intériorisation de la soumission, qui n’est pas nouvelle, se renforce, la gouvernance qui se maquille de l’intérêt commun ou qui s’avance sous de fausses assertions, ce n’est pas nouveau non plus, se renforce.  L’Etat est obligé de s’adapter par rapport à l’impact de la numérisation, et à l’explosion des réseaux sociaux.  Le Discours de la bourgeoisie se transforme, il faut rassurer.  L’hyper individualisme semble ne plus être de mise.  Ce Discours idéologique va être remplacé.  Et la bourgeoisie modifie son Discours idéologique.  Cette situation provoque l’émergence d’un nouveau Discours idéologique : le populisme.  Le populisme va reprendre son essor au début du 21ème siècle.  Cependant, la nouveauté réside dans l’absence de justifications pour expliquer pourquoi, la rationalité est mise à mal dans le discours idéologique, ouvrant en quelque sorte la voie à un discours scientiste.  Et c’est ainsi que la bourgeoisie peut justifier les innovations entraînant les restructurations en cours.  Le capitalisme évolue, et est passé d’une économie de production industrielle, à une économie de production des loisirs et de consommation : « Jouissez sans entraves, même, sans en avoir les moyens ». 

Réactions : Pourtant des réactions se développent provoquées par de nouvelles couches de travailleurs, et de nombreux travailleurs exclus du processus de production.  Elles percutent la « logique » capitaliste et laissent entrevoir d’autres perspectives. 

Si « l’utopie communiste » n’est plus à l’ordre du jour, cependant des « utopies citoyennes » voient le jour : les Indignés, Nuit Debout, comme nous le définissions dans notre blog : « Pourtant les « Indignés » avant-hier, «Nuit debout » hier, « Gilets jaunes » aujourd’hui, expriment certainement le désir, certes inconscient, de s’assumer comme sujet, de briser la réification, d’aller à la rencontre d’une autre façon de vivre et de subsister.  Ils questionnent fondamentalement le bien-fondé de l’existence du rapport d’appropriation, de l’État capitaliste d’aujourd’hui, et abordent une autre manière d’aborder la survie et de la dépasser. 

Mais la crise se poursuit, et s’intensifie au début du siècle nouveau.  Elle est ponctuée par la peur – sida, attentats, pertes d’emplois, insécurité grandissante,… 

La restructuration numérique entraîne aussi une sélection plus grande encore.  De plus, il n'est malheureusement pas fait pour confronter les idées, sa logique est celle de l'affirmation de soi et de l'illustration. Chacun vit dans une réalité parallèle, ce qui ne favorise ni la confrontation ni la diversité, ni un débat.  Cela empêche de créer du commun : la capacité à se mettre à la place d'autrui, à envisager un point de vue distinct.  On est ainsi en présence d’un séparatisme numérique.  

  1. La crise présente

Les tensions commerciales entre les USA et la Chine risquent de se transformer en de possibles affrontements militaires.  Le récent rapport OTAN 2030, publié en décembre dernier, prévoit cela ouvertement.  La situation en Inde est illustrative de cette situation de crise : surcapacité productive des grands secteurs de l’économie mondiale : automobile, pétrole,  Avec en plus la situation désastreuse de la production agricole. 

Ce phénomène de mondialisation semble s’être grippé quelque peu comme l’illustre les interrogations par rapport au projet européen.  Europe des nations ou Europe des régions ?  Europe fédérale ou confédérale ?  Discipline budgétaire ou transferts monétaires autonomes ?  Bien sûr, il s’agit de l’Europe du Capital. 

En toile de fond, la zone euro se heurte à la concurrence franco-allemande qui semble nous rappeler de bien tristes moments.  Le K évolue, et est passé d’une économie de production, depuis 68, à une économie de consommation.  Les États sont expropriés de leur force d’intervention économique, ils ne conservent que les forces de répression, ils sont devenus des appareils de sécurité pour les méga-entreprises. L’État n’a plus le droit ni la possibilité de toucher à la sphère économique.

La société postmoderne est à l’œuvre.  Et paradoxalement, au nom de la liberté, cette génération accepte d’être dirigés par des robots intelligents, tout en n’acceptant pas d’être commandé par des instances extérieures à soi.  On en arrive ainsi au spectacle de la télé-réalité.

 

  1. En conclusion

L'histoire nous montre qu'il y a toujours changement possible. Le capitalisme n'échappe pas à cette logique : un changement est nécessaire. Mais, le passage à une autre société implique une révolution politique. Il est manifeste aussi que toutes les tentatives de réformes, de transformations « humanitaires » du système d’exploitation capitaliste se sont soldées par des échecs.  La logique du capital et de la valeur est implacable, et les besoins d’accumulation et de capitalisation n’ont que faire de sentiments de compassion. 

Comme l'écrit Marx (La question juive), la société bourgeoise est « la sphère de l'égoïsme, de la guerre de tous contre tous. Elle n'est plus l'essence de la communauté mais l'essence de la distinction. Elle est devenue ce qu'elle était originellement; elle exprime la séparation de l'homme de sa communauté, de lui-même et des autres hommes ».

FD

 

 

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