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« Alors, « Grand Large », qu’est-ce que c’est dans tout ça ?

Ce sont des camarades qui ont pris un bateau et qui ont décidé de larguer des amarres qui les retenaient. Qui ont décidé de naviguer vers le grand large, là où on n’a plus de points de repères, où, seul notre capacité à réfléchir ensemble aux problèmes que rencontre notre navigation nous permettra de ne pas couler. Parce que c’est un peu le pari que nous avons fait : si nous nous souvenons de la carte du monde, si nous avons bien étudié les côtes, les villes et que tout cela est dans notre pensée, bref, que tout notre bagage politique continue à voyager avec nous, partir vers le grand large, c’est accepter de regarder le monde qui se présente à nous avec des yeux disponibles pour voir, sans immédiatement le remettre en lien avec nos théories connues, pour se laisser imprégner par les questions et les réponses qu’il nous montre, bref, pour regarder le monde comme on ne l’a peut-être plus regardé depuis longtemps »…

Cette réflexion de Le jardinier parue sur notre blog http://critiques-grand-large.over-blog.com

« L’acte comme création du monde », illustre la compréhension des difficultés soulevées par la période, les changements entrevus, les questionnements qui sont apparus, mais surtout les réponses que nous avons fournies. 

Grand Large est effectivement «un Collectif – ne s’affirmant pas comme un nouveau groupe politique – visant à explorer toutes les questions que la société actuelle nous pose sans recourir nécessairement aux réponses déjà données dans le passé ». 

Mais il s’inscrit dans la tradition de la Gauche Internationaliste.  Et nous sommes effectivement en retrait. Et cela peut faire parfois obstacle à la compréhension de ce qui se passe, et à appréhender de nouvelles façons d’aborder les choses.  Une des grandes leçons que nous avons tirées en regardant ces cinquante années qui nous séparent de mai 68 est la nécessité de comprendre l’histoire au travers de son mouvement, au travers des changements fondamentaux qui constituent sa dynamique et qui implique que nous avons à adapter en permanence nos outils de compréhension du monde.  C’est ce que nous avons eu du mal à accomplir.  Poser cette question cristallise une des faiblesses fondamentales du milieu révolutionnaire actuel : celle de ne pas avoir vu les changements fondamentaux qui étaient à l’œuvre au sein du système économique, après Mai 68 et donc, celle de s’adresser à la classe avec les outils du passé. 

La difficulté à prendre en considération le concept de postmodernité et toutes les implications illustrent cela.

Pourquoi sommes-nous hors-jeu ?

Pourquoi les groupes politiques surgis de mai 68, et qui ont constitué la Gauche Internationaliste, en ont-ils été réduits au sectarisme de chapelle, sans exercer une quelconque influence sur le questionnement provoqué par la postmodernité. 

Une des grandes leçons que nous avons tirées en regardant ces cinquante années qui nous séparent de mai 68 est la nécessité de comprendre l’histoire au travers de son mouvement, au travers des changements fondamentaux qui constituent sa dynamique et qui implique que nous avons à adapter en permanence nos outils de compréhension du monde.  C’est ce que nous avons eu du mal à accomplir.

 

UN RAPPEL HISTORIQUE

 

  1. Mai 68 a permis la résurgence de la Gauche Internationaliste

Mai 68 peut être interprété comme la fin d’un cycle économique, une lutte contre la bureaucratie keynésienne d’Etat, la nécessité de développer les nouvelles formes de relations sociales au sein du capitalisme cybernétisé.  Mai 68 est traversé par une réaction ouvrière prolétarienne s’insurgeant contre les nouvelles formes d’exploitation qui se mettent en place.  Et la Gauche Internationaliste trouve un écho.

Les concepts de la Gauche Internationaliste sont apparus comme un éclaircissement à l’époque. La Gauche Internationaliste se réfère à une théorie qui a dû faire face aux effets de la contre révolution et au stalinisme.  De nombreux travaux ont été consacrés à préciser les aléas de la constitution de cette Gauche Internationaliste.  Si aujourd’hui, nous pouvons affirmer clairement la nature contre révolutionnaire du stalinisme, pourquoi la rupture avec la contre révolution et le stalinisme a-t-elle été aussi difficile pour les « opposants de gauche » ? 

Peut-on affirmer que la défaite pratique et théorique du prolétariat plongé dans les méandres patriotiques de la 1ère guerre mondiale ait été compensée par les apports « théoriques » de Lénine ?  De même, en quoi et comment les apports de la révolution ouvrière de 1917 ont-ils été intégrés par une théorisation nouvelle alors que le parti de Lénine se compromettait avec l’Etat « prolétarien » et ouvrait la voie à la contre révolution et au stalinisme ?

 

  1. Des groupes se sont formés sur la lancée de Mai 68.  La conférence d’ICO a été un détonateur.

Après Mai 68, qui a signifié une éclaircie théorique,   Socialisme ou Barbarie, ICO permettent de redécouvrir des éléments théorisés par la Gauche Internationaliste historique.  C’est ce qui fournira les bases du Mouvement Communisateur en France après 68.  L’après Mai 68 réactualise cette démarche, et ouvre pour nous, sur le CCI. 

En juillet 69, "Socialisme et Liberté" participe à l’organisation à Bruxelles de la rencontre internationale de ICO.  Dans la salle, plus de 150 participants, dont Mattick, Cohn Benditt, des camarades de "Noir et Rouge", des camarades de Révolution Internationale.  Des camarades de Révolution Internationale interviennent pour dire que Mai 68 était le signe de la fin de la reconstruction d'après-guerre et la prémisse de la crise économique qui allait se développer dans les années 70.  Ce qui était posé, c'était la compréhension du processus révolutionnaire.  La confrontation entre la réalité et les théories véhiculées à ce moment-là par le mouvement révolutionnaire.  Mais la leçon qui se dégageait clairement de la conférence était la rupture d'avec l’organisation sociale-démocrate, stalinienne, trotskiste et maoïste, la critique des syndicats, de l'anarcho-syndicalisme.

 

  1. Les analyses de la Gauche Internationaliste

La nouvelle Gauche Internationaliste, surgis après Mai 68, a idéologisé toutes les expressions de luttes de résistance de la classe ouvrière comme des moments de luttes, préludes à un surgissement révolutionnaire.  Cela nécessitait une organisation autonome, indépendante des syndicats.  Peut-on affirmer que ce discours ait eu un quelconque écho au sein de la classe ouvrière qui se transforme ? 

La réflexion de la Gauche Internationaliste va tourner autour de cet élément : comment surgit la conscience de classe et pourquoi, alors que l’on se trouverait dans un cycle « ascendant » de la lutte ouvrière, ne se manifestait-il pas plus sereinement en référence au travail d’intervention des groupes de la Gauche Internationaliste ?

 

Mais la période change.

  1. Les changements de la Postmodernité ne sont pas pris en considération par la Gauche Internationaliste.  Elle reste focalisée sur « l’ancienne classe ouvrière »

Après 1968, les outils technologiques liés à l’informatisation sont en gestation.  La bourgeoisie européenne se voit contrainte de moderniser, non seulement ses outils économiques, mais également son appareil de formation et de favoriser le développement de nouvelles idéologies renforçant la réification en cours. 

Par contre, ce changement de période positionne l’homme en tant que « Objet », ou acteur du spectacle capitaliste de sa propre exploitation : shows télévisés à l’américaine, remise en question de la position du référent, le « tout est permis », faussement libertaire. 

Le passage implique un changement radical quant à la prise en compte de l'individu rendant de plus en plus aléatoire son positionnement comme sujet : le libéralisme est à l’œuvre. 

 

Les nouvelles technologies prennent leur essor et bousculent le système scolaire qui est devenu obsolète.  Le carcan scolaire éclate.   Ce sont les illusions issues de mai 68. Après vient assez vite la notion de rétrécissement des possibles au lieu du tout est permis. Cette remise en question signifie que le tiers de l'autorité n'est plus adéquat dans le rapport nouveau que l'homme a avec la connaissance: dans le monde des nouvelles technologies, mouvant, l'important est l'acquisition de la connaissance immédiate, individuelle et non la réception d'une connaissance collective. 

Comme le précise Lejardinier : « Une des caractéristiques des technologies nouvelles – et qui correspond, d’ailleurs, à l’évolution et à la complexification capitalistes – est que tout va toujours plus vite. On produit plus vite, on voyage plus vite, la vie se fait sur « un simple clic » !  Les temps d’attente sont vécus comme une blessure personnelle, un échec.  Dès qu’un besoin, une question émerge, on se précipite sur l’objet qui va nous délivrer de l’incertitude.  A nouveau, le développement des nouvelles technologies qui participent à ce type de fonctionnement et nous pouvons, à tout moment du jour et de la nuit, allumer notre ordinateur, nous connecter à un site pour trouver une réponse immédiate, écrire un mail, appeler notre collègue à ce moment-là en vacances à l’autre bout du monde… La représentation se construit dans l’attente.   Enfin, la surproduction et la surconsommation nous transforment de plus en plus en acheteurs plutôt qu’en humains. Dès qu’un malaise, mal-être, tristesse… nous envahit, nous allons souvent spontanément chercher à acheter « ce qui pourrait nous faire plaisir » et nous tirer de ce sentiment désagréable. Nous ne prenons plus guère le temps de nous demander : que m’arrive-t-il, de nous laisser partir dans nos pensées, à la recherche de la cause réelle de notre tristesse. « Allez, hein, on se reprend ! ». Tel est le discours du capitalisme : il permet de répondre à nos moindres désirs. Encore faut-il s’entendre sur la définition du « désir »… Et, heureusement pour le capitalisme et pour sa logique de surconsommation, ce n’est quasiment jamais la possession d’un bien qui nous rendra durablement heureux. Nous poursuivons ainsi notre quête infinie et notre comportement d’achats multiples. Les comportements « d’achats compulsifs », de surendettement pour continuer à acheter… ne sont que de petits exemples des dérives vers lesquelles le capitalisme nous pousse».

 

 

 

 

  1. Il y a erreur d’appréciation de la période d’après 1974. 

Il y "restructuration" et "mondialisation", entraînant une recomposition de la classe ouvrière.

C'est ici qu'interviennent les développements sur la valeur et les transformations opérées au sein de la classe ouvrière.

 

Les luttes menées par la classe ouvrière ont tenu le haut du pavé durant les années '70. Derniers sursauts de couches ouvrières destinées à la disparition par l'évolution de la technologie moderne, elles ont exprimé le point culminant des aspirations à la solidarité de masse au travers du mouvement en Pologne en 1980, qui a montré les potentialités d'un ébranlement de la société de classe, mais a été récupéré par l'appareil idéologique de réserve de la bourgeoisie en Pologne: le syndicalisme de base incarné par Solidarnosc.

Mais ces mêmes luttes ont aussi signifié clairement leurs limites, cherchant à s'opposer à de nécessaires restructurations alors que les nouvelles couches de la classe ouvrière ne réagissaient que sporadiquement. Et pourtant, les fermetures d'entreprises se sont multipliées, les licenciements ont augmenté le nombre de chômeurs, plongeant du même coup ces couches issues de secteurs relativement archaïques de la production capitaliste dans le monde des sans-emploi.

 

Le CCI théorise les années de vérité.  Le PCI et CouC en appellent toujours au parti historique.  Mais le CCI ne parvient pas à trancher entre Bordiguisme et Gauche communiste, oscillant régulièrement entre la défense de l’une ou l’autre option.  Par contre, il ne prend pas en considération les apports de Korsch[1].  La plateforme du CCI reste évasive.  Mais toutes les leçons de Mai 68 ne sont pas tirées.  L’apport de la Gauche Communiste se voit fossilisée : pour le CCI, il faut simplement appliquer les recettes du passé, à savoir en revenir à un léninisme aseptisé.  Le CCI apporte au départ un enrichissement.  Il intègre des éléments de l’expérience historique ouvrière.    Il tente d’opérer la synthèse entre gauche communiste italienne et gauche communiste hollandaise.  Mais il reste dans la ligne d’un corpus initial qu’il s’agit de restaurer, quitte à l’adapter quelque peu.  Les années 80 furent celles de « vérité » : une poursuite du recul des luttes ouvrières et l’incongruité des perspectives politiques avancées par le CCI à l’époque (la présence militante dans les rassemblements syndicaux, la construction d’une organisation séparée).  Il s’agit d’une erreur d’appréciation de l’état de la lutte de classe, de l’état du monde.

Il ne s’agit pas d’élaborer une pensée nouvelle, mais d’appliquer les éléments applicables de la pensée initiale, du corpus d’origine, détenu par quelques théoriciens. 

 

  1. Face à cette situation, un constat s’impose : la gauche internationaliste semble hors-jeu.

Elle véhicule une analyse dépassée, ne prend en compte la nouvelle donne, elle se réfère toujours à une théorie déterministe œuvrant en faveur d’une classe ouvrière qui doit redevenir toute puissante, que certains ont qualifié de « marxisme traditionnel ».

Elle n’a pas pris en compte les nouvelles idéologies de la bourgeoisie et nous rabâche les oreilles avec l’antifascisme...

Il paraît évident que le schéma de la révolution russe est dépassé.  Mais un doute subsiste, chez certains, une nostalgie du « marxisme léninisme ».  Il s’agit de réfléchir à la possibilité de la révolution, en tenant compte de la nécessité de cet accomplissement. 

 

Il nous apparaît que la conception matérialiste telle que nous pouvons la comprendre est une pensée des conditions matérielles de l’action et de l’activité transformatrice de l’homme, permettant, rendant possible la libération de la sujétion de classe.  En ce sens, il est difficile de relier une telle compréhension à la notion de déterminisme, ou à une quelconque utopie.

Il s’agit d’une liberté de faire, et non d’une nécessité déterminée, d’une liberté comme affirmation et réalisation de soi, comme libération de toute contrainte de classe.  Ceci implique le libre épanouissement de l’individu, et non son absorption dans un tout indéterminé.

 

L’erreur des groupes de la nouvelle Gauche Internationaliste, surgis après Mai 68, est d’avoir confondu ce mouvement avec une ouverture révolutionnaire radicale et d’avoir interprété les diverses vagues de luttes, qui s’émoussaient rapidement, avec une résurgence d’un mouvement révolutionnaire qu’il fallait organiser (sauf pour le PCI) appelant la classe ouvrière à imiter l’exemple de la révolution russe.  Alors que s’amorçait l’atomisation, la décomposition dans un contexte capitaliste recomposé, la nouvelle gauche communiste, surgis après Mai 68 se référait à l’organisation des conseils des conseils ouvriers. 

Manifestement, l’auto-organisation ne suffisait pas.  Il fallait quitter les syndicats, discours adressés à des travailleurs médusés, dans l’expectative, qui tentaient de résister simplement à la transformation capitaliste, impulsées par les technologies nouvelles. 

 

Constat

Face à cette situation, un constat s’impose : la nouvelle gauche internationaliste semble hors-jeu.  Elle véhicule une analyse dépassée, ne prend en compte la nouvelle donne, elle se réfère toujours à une théorie déterministe œuvrant en faveur d’une classe ouvrière qui doit redevenir toute puissante, que certains ont qualifié de « marxisme traditionnel ».

Elle n’a pas pris en compte les nouvelles idéologies de la bourgeoisie, le populisme qui est en germe et nous rabâche les oreilles avec l’antifascisme, et la démarche citoyenne.  Il paraît évident que le schéma de la révolution russe est dépassé.  Mais un doute subsiste, chez certains, une nostalgie du « marxisme léninisme ». 

 

L’erreur ?

L’erreur des groupes de la nouvelle Gauche Internationaliste, surgis après Mai 68, est d’avoir confondu ce mouvement avec une ouverture révolutionnaire radicale et d’avoir interprété les diverses vagues de luttes, après 68, qui s’émoussaient rapidement, avec une résurgence d’un mouvement révolutionnaire qu’il fallait organiser (sauf pour le PCI) appelant la classe ouvrière à imiter l’exemple de la révolution russe.  Alors que s’amorçait l’atomisation, la décomposition, la nouvelle gauche communiste, surgis après Mai 68 se référait à l’organisation des conseils ouvriers.  Manifestement, l’auto-organisation ne suffisait pas.  Il fallait quitter les syndicats, discours adressés à des travailleurs médusés, dans l’expectative, qui tentaient de résister simplement à la transformation cybernétique du capitalisme. 

La Gauche Internationaliste n’a pas compris le changement en cours et proposait une référence mythique et abstraite : le parti de la classe ouvrière. 

La nouvelle Gauche Internationaliste, surgis après Mai 68, a donc idéologisé toutes les expressions de luttes de résistance de la classe ouvrière comme des moments de luttes, préludes à un surgissement révolutionnaire.  Cela nécessitait une organisation autonome, indépendante des syndicats.  Peut-on affirmer que ce discours ait eu un quelconque écho au sein de la classe ouvrière qui se transforme ? 

La réflexion de la Gauche Internationaliste va tourner autour de cet élément : comment surgit la conscience de classe et pourquoi, alors que l’on se trouverait dans un cycle « ascendant » de la lutte ouvrière, ne se manifestait-il pas plus sereinement en référence au travail d’intervention des groupes de la Gauche Internationaliste ?  D’où le retour, dans les années 1980, d’une idéologie de l’intégration du prolétariat sous le couvert du processus globalisant de valorisation.

D’où l’émergence du substitutionnisme, théorie qui présentait et justifiait le Tiers référent comme élément indispensable à la formation de la conscience de classe.  Cela allait favoriser l’apparition d’une pensée totalisante, demandant à être défendue contre les éléments défaitistes.  Le parti a contribué à renforcer cette idée, à défendre le concept d’une nécessaire organisation structurée hiérarchiquement seule capable, avec son comité central, de diriger la classe et de la mener vers la révolution : cette idée est devenue obsolète aujourd’hui. 

Il s’agissait ainsi d’affirmer notre conception du travail d’une minorité de révolutionnaires et de s’écarter de manière résolue de ce que certains considèrent comme un héritage : le léninisme.  Le CCI va caricaturer cela. 

Quant à PI, le concept de « nouvelle pensée » de PI à laquelle il fallait adhérer, rend compte de la subsistance de références passéistes. 

Les utopies communistes sont mortes, emportées par Mai 68, et la chute du Mur.  Le discours de la Gauche Internationaliste, malgré le regain d’intérêt, n’a pas dépassé le niveau d’une épistémologie marxiste. 

Les conférences internationales de la Gauche Internationaliste ont tenté de faire le point, mais elles en sont restées à resasser les recettes du passé : CouC revenait avec le Parti historique, quant au CdP, il en restait aux affres de l’héritage du CCI.  Quant à PI, il était spectateur.

Cela allait favoriser l’apparition d’une pensée totalisante, demandant à être défendue contre les éléments défaitistes.  Le parti a contribué à renforcer cette idée, à défendre le concept d’une nécessaire organisation structurée hiérarchiquement seule capable, avec son comité central, de diriger la classe et de la mener vers la révolution : cette idée est devenue obsolète aujourd’hui. 

Il nous apparaît que la conception matérialiste telle que nous pouvons la comprendre est une pensée des conditions matérielles de l’action et de l’activité transformatrice de l’homme, permettant, rendant possible la libération de la sujétion de classe.  En ce sens, il est difficile de relier une telle compréhension à la notion de déterminisme, ou à une quelconque utopie.

Il s’agit d’une liberté de faire, et non d’une nécessité déterminée, d’une liberté comme affirmation et réalisation de soi, comme libération de toute contrainte de classe.  Ceci implique le libre épanouissement de l’individu, et non son absorption dans un tout indéterminé. 

 

  1. PI

Le dérapage du CCI et notre tentative de comprendre. 

Nous avons cherché à comprendre les raisons du dérapage du CCI.  Ensuite, nous nous acheminons vers la rupture d’avec sa plateforme, qui se concrétise à partir de PI 27. 

 

C’est la 5ème conférence de PI qui adopte le texte « Le monde tel que nous le voyons ».

Une période de recherche d’une nouvelle cohérence politique, s’ouvre, et qui caractérise notre cheminement actuel. 

Dans les années 90, PI entrevoit les changements dans la composition organique de la classe ouvrière.  Une quatrième période s’ouvre avec notre 8ème conférence de novembre 2006 qui constate l’avancée d’une compréhension différente : la prise en considération du processus de valorisation.  PI lance un appel au milieu révolutionnaire, afin de pouvoir confronter l’analyse à la réalité, prélude au dépassement de la gauche communiste. 

Pourtant, en 1995, PI titrait sur l’ouverture d’une nouvelle période de luttes, sans donner d’exemples.  Il faudrait attendre Seattle en juillet 2001.

 

Mais paradoxalement, PI se fossilise, et en revient à la défense programmatique.

 

Perspectives

Si « l’utopie communiste » n’est plus à l’ordre du jour, cependant des « utopies citoyennes » voient le jour : les Indignés, Nuit Debout, comme nous le définissions dans notre blog : « Pourtant les « Indignés » avant-hier, «Nuit debout » hier, « Gilets jaunes » aujourd’hui, expriment certainement le désir, certes chargé d'illusions, sur le fait que de nouvelles pratiques peuvent amener à un changement de société, de s’assumer comme sujet, de briser la réification, d’aller à la rencontre d’une autre façon de vivre et de subsister.  Ils questionnent fondamentalement le bien-fondé de l’existence du rapport d’appropriation, de l’État capitaliste d’aujourd’hui, et abordent une autre manière d’aborder la survie et de la dépasser. 

 

FD 26/07/2021

 

 

[1] KORSCH, Karl.  Il est l’auteur de « L’anti-Kautsky”.   Paris.  Champ Libre.  B500 ;  « La contre-révolution bureaucratique ».  Paris.  UGE 10/18.  A783 ;   « Marxisme et contre-révolution ».   Paris.  Seuil.  B463 ;  « Marxisme et philosophie ».   Paris.  Editions de Minuit.  B418 ;  (1979).   Au cœur de la conception matérialiste de l’histoire.  Paris.  Editions Spartacus.  A647

 

Tag(s) : #Crise
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